02. François CHATELAIN (1896-1978) par Laurent GUTIERREZ

 

Extraits de la biographie de François Chatelain issue de ma thèse « L’Education nouvelle et l’enseignement catholique en France (1899-1939) ».

"François Chatelain est né à Genève le 25 août 1896. Dans un petit livre intitulé « Les souvenirs de Maman », il relate une éducation chrétienne austère mais affectueuse, entouré de sa sœur (future Mme Rioudel) et de ses deux frères (Georges et Marc). Au sortir du collège et après avoir obtenu son baccalauréat en Suisse, François Chatelain entre au Séminaire Saint-Sulpice à Paris. Suisse de naissance mais français de nationalité, il est mobilisé en juin 1916. Ajourné à deux reprises « pour faiblesse », il finit par être incorporé en 1917 au 23ème régiment d’infanterie de Bourg-en-Bresse. Envoyé dans une école d’aspirants, il y fait la connaissance du Père Réginald Héret avec qui il noue des liens d’amitié. Ce prêtre dominicain qui deviendra son confesseur jouera un rôle déterminant dans son orientation spirituelle après la guerre. Démobilisé en 1919, François Chatelain se rend à l’Université de Fribourg. Il y passe trois années en travaillant sous la direction du Père Marc de Munnynck. Durant cette période, il fait la connaissance de celui qui allait devenir l’un de ses plus fidèles amis et collaborateurs, le père Jean Jaouen. Ensemble, ils complètent leur formation théologique et philosophique et ne manquent pas d’échanger, le moment venu, sur l’actualité des recherches en matière de psychologie de l’enfant et de pédagogie. Sa thèse intitulée « La philosophie affective de Théodule Ribot » qu’il soutient en février 1922 et qui lui vaut le grade de docteur, confirme cet intérêt pour la psychologie.

L’année suivante, après avoir fait sa profession dans l’ordre des frères prêcheurs, il reprend ses études de philosophie puis de théologie, au Saulchoir de Kain, en Belgique. Les quatre années qu’il y passe sont alors une véritable période de réflexion sur sa foi. Ordonné prêtre, le 25 juillet 1926, il poursuit ses recherches sur les origines de son engagement spirituel dans sa thèse en théologie intitulée « Le rôle de la volonté dans la foi » qu’il soutient en septembre 1927. Dans le même temps, il rédige ses premiers comptes rendus d’ouvrages de psychologie pour la Revue des Sciences philosophiques et théologiques.

Ces trois années durant lesquelles François Chatelain collabore à cette revue vont lui permettre de se faire connaître dans les milieux catholiques intéressés par les questions de psychologie de l’enfant. Les applications qu’appellent ces travaux vont, par ailleurs, l’amener à s’interroger sur leurs perspectives d’adaptation à l’enseignement catholique. La parution de l’Encyclique sur l’éducation de la jeunesse chrétienne en 1929 va assurer cette opportunité en ouvrant la voie, selon lui, à un renouveau pédagogique si nécessaire. Son apostolat à cette cause est, dès lors, justifié. Mais le contexte s’y prête mal (...). Dès lors, F. Chatelain va s’entourer de collaborateurs qui pensent, comme lui, que si cette tâche est urgente, elle doit être, cependant, envisagée avec la plus grande prudence afin d’en assurer le succès. En 1929, François Chatelain est appelé à collaborer à La Vie Intellectuelle. (...)".

Laurent GUTIERREZ