3. Le B.I.E. (Le Bureau International d’Education) - (1)

 

Le Bureau international d’éducation

Né à l’Ecole des Roches, en 1919, ce Bureau international d’Education est à différencier de celui qui verra le jour en 1925 à genève. Comme l’explique clairement l’article qui suit, ce BIE français souhaite favoriser le développement des initiatives éducatives en coordoannant les efforts existants mais bien trop souvent isolés. L’existence de ce organisme prendra fin avec la fondation du BIE genevois en 1925. L.G.

« Il nous est particulièrement agréable de présenter à nos lecteurs le Bureau International d’Education. Tout comme cette revue, dont il reste pourtant absolument distinct, il est issu du mouvement d’idées qui a son centre à l’Ecole des Roches. De même que les préoccupations pédagogiques, les innovations et les expériences des Roches poussèrent M. Georges Bertier à fonder L’Education, de même l’adaptation qui fut faite dans cette école de certains principes et de certains procédés empruntés à l’éducation anglaise et à la pédagogie pestalozienne amenèrent quelques uns de ses professeurs à s’occuper plus particulièrement des relations familiales et scolaires franco-britanniques.

Né au lendemain de la guerre, le B.I.E. répond à un besoin qui se fait sentir de toutes parts et qui a été très bien compris par l’Université : nous avons salué avec joie la création et l’organisation de l’Office Nationale des Universités, avec lequel le B.I.E. se fait un honneur de collaborer. Les civilisations latines et anglo-saxonnes sont appelées à se pénétrer de plus en plus ; de la camaraderie des champs de bataille doit sortir une entente pacifique plus durable, une fraternité plus intime, fondée sur une action loyalement concertée dans l’ordre industriel et commercial, aussi bien que dans les voies de la pensée et de la recherche scientifique. Mais il ne suffit pas de vouloir cette union ; il faut la rendre possible et l’établir sur une base solide. Les tempéraments nationaux différents, les intérêts divergent et les discussions sont inévitables. Or, quand on discute sans se comprendre, sans être capable de saisir les raisons de tel procédé, de telle façon de s’exprimer, on en vient vite aux heurts et aux froissements. S’il est vrai que des armées alliées, pour combattre et vivre côte à côte, ont besoin d’agents de liaisons spécialisés, au courant des manières d’être et d’agir des chefs et des soldats de l’une et de l’autre, il est encore plus vrai que, pour permettre à de grandes nations modernes de collaborer efficacement, il faut que, dans chacune d’elles, i y ait dans les conseils de gouvernement, dans les affaires, dans les chaires d’enseignement, dans les organes d’information, des citoyens qui connaissent la psychologie de leurs interlocuteurs et qui soient capables d’instruire et de guider l’opinion publique toujours prompte à juger par analogie avec son propre tempérament. (...) ».

Source : LA REDACTION Le Bureau International d’Education, L’Education, mars 1920.