03. L’Ecole d’Aquitaine

 

Ecoles Nouvelles et Land-Erziehungsheime, par Ernest Contou.
Paris, Vuibert et Nony, éditeurs, 1905, 11O p

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Table des matières

Avant-propos, p.1
I.L’Internat urbain, p.3
II.La Vie physique, p.23
III.La Vie intellectuelle, p.49
IV.La Vie morale
L’enseignement et la pratique de la morale, p.69
L’Art, p.86
Le travail manuel, p.93
V.La vie de notre ancien élève, p.99
VI.Conclusion, p.106

Extraits

La Vie physique

« L’Ecole d’Aquitaine est une école à la campagne. Des réformes préconisées par l’Ecole Nouvelle et le Land-Erziehungsheime, la vie à la campagne est à nos yeux la plus grande, la plus heureuse. Par elle seule, l’œuvre s’impose à l’attention. L’idée n’est certes pas de notre siècle. Montaigne et Rousseau voulaient les enfants à la campagne. Herbart lui-même a écrit dans sa Pédagogie générale : « Nulle part, il n’est plus difficile de gouverner que dans les institutions urbaines, appelées, il est vrai, maisons d’éducation, mais paradoxalement. Car là où la direction est si pénible, que devient l’éducation ? A la campagne, au contraire, les écoles ont l’avantage de l’espace et de la liberté... ». Cependant les villes n’étaient pas aux siècles précédents ce qu’elles sont aujourd’hui. Les usines et les chemins de fer ne répandaient pas leurs fumées le long des maisons. La littérature immonde n’était pas les suppléments illustrés aux kiosques des carrefours. Les murs ignoraient encore l’affiche sensationnelle du roman feuilleton. De nos jours, rien n’est inconnu pour faciliter au plus vite l’éveil de l’imagination et constituer des nervosités de blasés. La rue est pernicieuse. Malheur aux promeneurs des villes ! Malheur aux villes de promeneurs ! Les enfants dans la rue sont des oisifs en danger mortel. (...) ».

La Vie intellectuelle

« (...). La réputation des éducateurs de l’Ecole Nouvelle pour l’intellectualisme moderne et la science de façade de nos bacheliers ès-érudition est pour les pères de famille une garantie que l’Ecole Nouvelle n’est pas une maison de surmenage, ni de « gavage ». On y consacre même moins de temps au travail intellectuel pur, et cependant, on y fait des bacheliers. C’est que le professeur des classes du matin est aussi l’auxiliaire des études du soir. Ses aides à lui sont l’affection, l’amour des enfants et la santé de leur corps (...).

« La vie quotidienne de l’école permet une foule d’expériences pratiques, un contrôle incessant des données de l’enseignement : les élèves cubent en effet la charbon acheté pour l’hiver, la récolte du blé, l’air de la classe. Ils arpentent les champs, étudient la faune et la flore du pays. Les leçons d’histoire naturelle se donnent en plein nature. La vie d’alentour est familière à tous nos jeunes gens, avantage qui évite bien des froissements et des surprises. Bon nombre d’entre nous, élèves urbains, étaient embarrassés, à dix huit ans, pour reconnaître un sycomore, un champignon comestible, ou seulement la colombe dont nous ânonnions la fable depuis l’âge de six ans. (...).

Préparer à la vie, tel est le but non seulement de notre éducation, mais de notre enseignement : l’une, par la régénérescence physique et morale, aide l’autre à réveiller et soutenir l’amour du travail. Préparés à la vie, prêts à l’effort, nos enfants savent les aborder avec ou sans le baccalauréat. (...). ».

La Vie morale

« (...). On a trop négligé jusqu’ici cet enseignement. La plupart de nos élèves ne savent pas ce qu’ils valent, ce qu’ils se doivent. On leur a bien reconnu des droits prioriques au respect du professeur. Mais pour quels moments ? Pour les cas de conflits ! L’enfant se prévaut alors de ces droits avec l’arrogance et la morgue d’un accusé révolté. Il se défend légalement contre un ennemi. (...). ».

Conclusion

« (...). Nous voudrions voir les parents collaborer activement à notre œuvre pendant quelques jours de l’année. Nous nous proposons, nous aussi, de provoquer des réunions de famille une fois par semestre. Les enfants consacreront la solennité par des fêtes, et nous, parents et maîtres, par l’échange, de nos vues et de nos esprits. Nous faisons surtout appel aux amis de l’enfance et de la patrie. Qu’ils viennent aussi nombreux que possible, nous apporter, le soir, l’encouragement de leur parole et payer leur écot d’un récit de leurs expériences, d’une communication de leur pensée. Qu’ils témoignent à nos enfants qu’on les tient pour des hommes en venant de tout lieu leur parler comme à des hommes : ils garantiront eu eux le souci de ne pas démériter. (...) ».

« (...). Nous voudrions que soit ainsi notre dernier espoir : former chez les maîtres, nos collaborateurs, des personnalités créatrices, fournir d’enthousiasmes l’Education Nouvelle. Nous ne songeons pas sans émotion que l’œuvre de l’Ecole Nouvelle est celle d’où doit sortir la France forte et régénérée de demain ».


Forum

  • L’Ecole d’Aquitaine
    17 février 2008, par Jean-Paul Condemine
    Je suis en possession d’une quinzaine de cartes postales anciennes qui illustrent concrètement les différents travaux de l’Ecole d’Aquitaine située à CHALAIS, en Charente. Je me prose d’en scaner quelques unes pour enrichir le site concernant cette école.
    • L’Ecole d’Aquitaine
      17 février 2008, par Laurent GUTIERREZ

      Cher monsieur,

      Je vous invite à me contacter à mon adresse mail (LGutierrez76@aol.com) afin de discuter ensemble de votre si généreuse proposition. Le hasard fait, par ailleurs, que je viens de consulter le dossier administratif d’Ernest Contou aux archives nationales. J’y ai trouvé quelques éléments que je m’apprétais à mettre en ligne... En vous remerciant par avance de l’intérêt que vous portez à ce site, Bien cordialement, Laurent GUTIERREZ